jeudi 27 janvier 2011

Antoine BOUTE sur le site ONLIT

http://www.onlit.be/index.php?option=com_k2&view=item&id=534:conf%C3%A9rence-pour-mon-livre-post-crevette&Itemid=148

Voilà, je vais raconter une anecdote qui s’est passée près de chez moi. Attention, c’est ultra gore tenez-vous bien. C’est un truc qui s’est passé il y a un an environ, les journaux locaux ont abondamment causé de ça, moi ça m’a fasciné cette histoire.

Alors si on retrace la chronologie des événements, au départ ce qui s’est passé c’est qu’est arrivé sur la table d’un couple d’éditeurs belges expérimentaux complètement barrés un manuscrit. Ou plutôt un paquet de feuilles crasseuses, vraiment un paquet crado à crever, je crois même qu’il y avait du sang menstruel dessus, vraiment un truc on le voit on a l’impression que ça sort d’un trou à rat.


Le reste sur le site...

mercredi 8 décembre 2010

TRAVAIL

LA BRULURE VIVE / Renaud GAYTE

Mon corps n’est pas celui de ma naissance.

Ma langue n’est pas celle apprise dans des résidus d’école.

A partir de là, j’entre sur la scène du monde et je la brûle pour m’exposer à nu face à la grisaille sociale.

Ecriture nerveuse, écriture d’urgence, je prends les mots à pleines mains, et je les serre, je les tords, pour en faire jaillir du nectar, des couleurs vives. Au fond de moi bat un soleil noir, ardent, rouge, telle la guitare de Hendricks. Ce qu’il faut c’est faire exploser la vie, le projet des retraites me fait chier et, comme le dit Artaud : « la société me fait chier, la moralité me fait chier, l’héroïsme me fait chier ». Je reprends de l’énergie dans la contestation radicale.

Qu’est-ce que c’est que cette vie glauque ? Tu nais, tu apprends une langue déjà usée de naissance, tu travailles pour des petites notes dérisoires, après tu grandis, tu trouves un emploi, une femme, tu fais des gosses parce qu’on t’as pas appris à faire autre chose, tu achètes une voiture, une baraque, tu consommes, tu baises, tu chies, et après le trajet carcéral de cette petite vie, tu touches ta retraite.

Quand on aura mis le feu à ce tunnel peut-être que la vraie vie pourra commencer, avenir ou pas, je m’en fous. Moi, mon avenir il est dans la brûlure du soleil, dans le cosmos.

Société = prison, hôpitaux psychiatriques, mort glauque, vie étroite, le fond de la merde.

Vos grèves sont merdiques si elles ne conduisent pas à l’extase, à la turbulence de feu, au désordre de la rage et de la joie. Vous êtes bloqués, figés, désarçonnés, vous ne savez pas quoi faire, il vous faut aller jusqu’au fond du trou, jusqu’à voir votre squelette au milieu du repas indigeste qui moisit dans vos entrailles, alors là, peut-être que vous jaillirez. En attendant, je meurs à petit feu au milieu de vous.

Torrent de vie.

Torrent de désespoir.

Torrent de désir.

Torrent d’étoiles.

Torrent solaire.

Torrent de mots éjaculatoires.

Torrent de hargne.

Torrent du ventre, de la tête et du corps.

Torrent de ras le bol.

Torrent inaltérable.

Torrent de toutes les couleurs.

Des chiottes sociales au ciel et à la mer, il n’y a qu’un bond, je le ferai seul ou avec d’autres, j’ai perdu mes rêves et mes espoirs. Il n’y a plus que ma vie qui circule dans mes veines comme un courant électrique. Mes mots sont une électrocution à tout système.

Je ne compte sur personne pour me tirer de ce cauchemar, je me soigne à coups de mots comme des brisures qui saignent, je me soigne à coups de poings dans la langue, vivante, palpable, martelante comme un tissu de frissons qui trouble.

Mon désespoir est plus vivant que n’importe quelle réforme sociale ou politique.

Je suis un prince, un raté, un sauvage ensorcelé. Je forcerai les étoiles à me regarder. Je brille de destruction et d’amour. Je suis la messe solaire en pleine nuit. Je suis le vacarme des nerfs.

Après avoir traversé tous les murs, affranchi de toutes souffrances, je suis dans la nuit très loin dans l’univers, seul à contempler une boule de feu.

Renaud Gayte – Octobre 2010.

renaudgayte@yahoo.fr

vendredi 26 novembre 2010